J'aime venir ici passer quelques heures seul. Sans y attendre personne, en espérant tout de meme finir par y croiser quelqu'un. Etre ici, sans attentes et sans devoirs ou raisons. Juste etre présent a boire café par dessus café a pitonner sur mon ordi tout en ecoutant de bons morceaux de musique qui me rendent tout petit a l'intérieur.
Cette sensation de larmes aux yeux qui montent sans que ne puisse la réprimer. Se sentir vraiment seul, malgré le plein de monde. Ces autres gens présent. Ecrivant, lisant, travaillant ou parlant avec leur compagnie de tout et de rien.
Des fois, je me surprend à observer quelqu'un. Le ou la regarder en me posant 500 questions sur elle ou sur lui. Des fois, je joues les indiscrets à ecouter des conversations. Comme cette conversation de deux amis, une femme et un homme d'un cinquantaine d'année. Se racontant leurs journées tout simplement. Ces deux demoiselles, venu étudier de la socio. S'ostinant sur le pouvoir de la masse sur la politique et sur leur monde en générale. Ces deux policiers, analysant tout deux le match du Canadien hier soir, n'arrivant pas a s'entendre sur l'allure du match.
Chaque table, ressemble a un petit monde. Avec comme unique population, les gens assis de part et d'autre de ces tables. Une bulle les entourants dans laquelle rien n'autour ne puisse les deranger. Des ilots parsemés ici et la, sans communication entre eux.
Pour moi, ces heures ici ne sont pas perdus. Je ne suis pas chez nous, je ne suis pas ici ou la, je ne travail pas, je ne produit pas, ne parle pas mais, je pense. Essais du moins. A tout et rien. Je m'isole et meurt l'espace de quelques heures en oubliant, ce qui vis en dehors de ces heures la.